SOCIÉTÉ

Pourquoi je ne fabrique pas ma lessive

L’heure n’est plus à parler de recyclage mais plutôt de non création de déchets. Les produits en vrac sont en plein essor, chacun y va de sa petite révolution. Qu’elle soit domestique ou qu’on l’emporte avec nous à l’extérieur de chez soi, on aime à comparer nos gourdes et autres expériences zéro déchet.

Me concernant, cela fait quelques années déjà qu’outre trier le verre et les déchets organiques, je m’emplois à réduire la taille de ma poubelle (pour commencer par éviter multe négociations avec moi-même nez à nez avec ma poubelle bleue, verte, jaune ou que sais-je encore).

Encouragée par l’urgence environnementale et cet engouement sociétal pour le zéro déchets. Après avoir troqué les sachets en plastique au supermarché par des sacs à vrac en tissu. J’ai en parallèle mis un point d’honneur à confectionner tous les repas (bio cela va sans dire), bannissant définitivement de mon frigo suremballage et m*rd* en boite. J’enfermais mes restes de repas dans des bocaux en verre ou tupperware plutôt que d’utiliser le film alimentaire.
Je suis partie à la découverte des commerçants de mon quartier et j’ai entrepris de favoriser les commerces de proximité. Cela me paraissait plus sensé de donner mon argent à des entreprises familiales plutôt qu’aux gros distributeurs. Rognant sur mon budget course, et ne proposant pas forcément de produits ni locaux ni bios, ma conscience a cédé aujourd’hui au 50/50.

Le zéro déchet commençait à investir toute ma maison, ma vie et ma tête. Je pensais mon propos tellement louable que je passerai sous silence mes excès de colère à la vue de faire rentrer chez moi tout ce qui ressemblait de près ou de loin à du plastique. Mon ménage est sauvé, qu’on se rassure.
Ma quête du toujours plus vers le toujours moins allait investir ma salle de bain à grand coup de lingettes démaquillantes en coton, de cubes de savon et dentifrice solide et oriculi. Côté protections hygiéniques féminines, la cup allait bientôt détrôner les tampons et serviettes à usage unique.

Aux moments des fêtes de fin d’année, alors que la course aux cadeaux battait son plein, et que je frisais le surmenage, j’ai envoyé valser tous mes principes. C’était eux ou moi.

Aujourd’hui j’ai une approche beaucoup plus raisonnée et raisonnable. Je réalise que bien que l’urgence environnementale soit réelle, et mes efforts louables, JE NE SUIS PAS RESPONSABLE DE L’ETAT DE LA PLANÈTE. Regarder ce que font les autres, mieux que nous, peut être à double tranchant. Cela peut être stimulant comme culpabilisant. Dois-je rappeler de Béa Johnson était femme au foyer quand elle a entrepris sa démarche? Loin de moi l’idée d’associer femme au foyer et inactivité. Mais cela va sans dire, elle aura toujours plus de temps que les femmes et les hommes qui conjuguent parentalité, activité professionnelle à temps complet et quête du zéro échet.

J’avance et m’incarne peu à peu en le changement que je veux voir dans le monde. En respectant mon rythme et mes priorités, que je ne place pas dans la taille de ma poubelle. Le vrai changement nécessite de se faire plus haut ou d’amener l’ensemble de la population, de gré ou de force à se responsabiliser.

Je reste convaincue que chacun a sa place dans l’évolution du monde, mais que le recyclage de mon emballage de chocolat préféré polluera toujours moins que certaines industries.

Alors, oui au linge propre et non à la fabrication de lessive maison pour l’instant. Et tout va bien!

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